ICTHUSUn presbytère sans porte ni sonnette ! Bienvenue !
Icône de l'année de l'Appel - Diocèse d'Albi
(oeuvre de Michaël GRESCHNY)
"Quand à la messe,
je tiens le Bon Dieu,
que peut-il me refuser ? "
Le Père Sonnel, le Père Naud, le Père Noël, le Père Turbé.
Son Eminence Grise.
Saint Thol, Saint Zano, Saint Cère, Saint Thèze.
Le poisson, (Icthus, en grec) était le signe de reconnaissance des chrétiens au temps des persécutions dans les premiers siècles de l'Eglise. Ceux qui se reconnaîtront dans ce poisson, mais aussi tous les autres qui sont intrigués par les chrétiens et qui voudraient savoir ce qui se cache derrière ce signe, pourront trouver sur ces pages des éléments pour avancer.
Chacun pour soi ? Dans notre société développée, informatisée, médiatisée, à la communication si rapide et efficace, un paradoxe subsiste : la solitude.
Ils sont seuls toute la journée devant leur télé ou dans leur chambre bien confortable de la maison de retraite, ces petits vieux qui peinent à avoir une visite mensuelle de leurs proches surbookés.
Elles sont seules et abandonnées ces personnes âgées qui ne voient même plus le facteur et attendent la fin dans des journées qui se suivent et se ressemblent toutes.
Ils sont seuls et atrocement lucides, ces malades en fin de vie qui savent qu’est déjà entamée la dernière ligne droite de leur existence.
Elles sont seules et souvent cachées, ces personnes handicapées dont on a presque honte tant leur handicap est une souffrance pour leurs proches et que la société a du mal à accepter.
Ils sont seuls, et désespérés, ces accidentés qui se disent qu’ils auraient mieux fait d’y rester plutôt que de vivre désormais paralysés.
Ils sont seuls, ces célibataires qui subissent leur célibat comme un échec, faite d’avoir pu ou su rencontrer l’âme sœur.
Ils sont seuls et désenchantés ceux qui avaient construits une vie de famille, et ont été abandonnés, ceux qui ont vécu des années de bonheur et se retrouvent seuls après la perte de l’être aimé.
Elles sont seules et proches du seuil de pauvreté ces familles monoparentales qui doivent chaque jour tenir en équilibre un budget trop serré et un désir de voir grandir ses enfants dans la dignité avec des perspectives de lendemains plus lumineux.
Ils sont seuls et abandonnés ces marginaux qui vivent dans les rues, sur les trottoirs : seule la solidarité de leurs semblables est une bouée de secours, devant leur vie insaisissable et inexplicable, qu’elle ait été choisie ou subie.
Elles sont seules face à un choix souvent sans surprise, ces jeunes femmes qui se retrouvent enceintes par accident ou habitude, et qui n’ont d’autres perspectives d’une IVG propre et sans bavure.
Ils sont seuls et face à eux-mêmes, ces jeunes qui doivent se choisir un avenir, dans une société qui peine à donner travail et perspectives à toute une génération qui entre dans un monde hyperactif qui n’a pas besoin d’eux.
Ils sont seuls face à eux-mêmes, pour leurs choix, ces jeunes qui n’ont reçu qu’une éducation affective et
spirituelle minimale, comme s’il suffisait d’avoir 18 ans pour être responsable, d’être poli et bien peigné pour être un adulte debout et sérieux.
Ils sont seuls et déchirés, ces enfants qui doivent assumer le drame du divorce de leurs parents, la mort insaisissable et brutale d’un proche.
Ils sont terriblement seuls, ces adolescents, face à la rupture sentimentale sur laquelle ils fondaient toute leur vie, face à la découverte de leur homosexualité qu’ils voudraient refuser jusqu’au bout.
Faut-il encore parler de solitude ou de solitudes ? Si toutes ces solitudes arrivaient à se rencontrer, n’arriverait-on pas à surmonter le pire drame de nos sociétés qui se proclament développées ? Le développement doit-il forcément laisser de côté l’être humain au profit de la technique et de la rentabilité ?
Ma foi en Dieu, ma foi en l’homme est un pont merveilleux sur lequel je m’avance ! Je veux à chaque rencontre dire que toute solitude peut être vaincue par l’Amour plus fort que toutes les morts !
La solitude se rencontre hélas aussi dans les paroisses. Quand vous rentrez dans une église, si vous êtes "bien peigné", on vous demande si vous voulez bien "faire une lecture", on ne vous demande jamais comment va votre vie familiale, votre vie professionnelle, votre vie tout court.
Ce dimanche 8 novembre, je suis rentré avec Michel (un pauvre, qui a l'air d'un pauvre, et qui travaille actuellement dans un CAT) dans une petite église de campagne pour la messe dominicale. L'accueil a été si froid que nous sommes carrément sortis avant le début de la messe. Pardonne nos fragilités, Seigneur !
L'argent et le pouvoir , c'est ce qui compte, c'est la priorité dans cette société : situation professionnelle, situation sociale, situation financière, là tu as tout le monde autour de toi mais si tu n'as rien, bien tu te retrouve seul. Et surtout dans nos paroisses, je dis cela parce que dans nos paroisses cela ne devrait surtout pas s'y trouver et pourtant !!!!!! combien de personnes repartent seules sans que quelqu'un, une seule personne s'adresse à elle, un petit bonjour, une petite discusion de ce qu'elle a fait dans la semaine, oh mais s'avancer vers ces personnes, quel deshonneur, vous vous imaginez parler à une personne sans rien, alors que vous allez vers une personne qui a de l'intelligence, de l'argent, unsavoir vivre, c'est mieux vu. Combien de fois , je m'approche vers ces personnes qui sont seules , assises dans l'église après le départ de toute la "foule" s'asseoir avec elle , à ses côtés, juste pour ne pas qu'elle soit seule, mais avons-nous le temps de le faire, en semaine, ce jour là, le dimanche ? ce temps qui passe, et qui mange au passage toute la tendresse et l'amour pour laisser la place au pouvoir et à l'argent. Seigneur aide-moi à m'avancer vers ceux qui ont besoin de cet amour que tu me donnes, que sur mon regard , ils puissent te voir et qu'ils ne se sentent plus seuls.