Icône de l'année de l'Appel - Diocèse d'Albi

(oeuvre de Michaël GRESCHNY)

 
"Quand à la messe,
je tiens le Bon Dieu,

que peut-il me refuser ?
St Jean-Marie Vianney
curé d'Ars

BLOG recommandé par :

 Le Père Sonnel, le Père Naud, le Père Noël, le Père Turbé.

  L'abbé Chamel, l'abbé Cassinne, l'abbé Tonnière
l'abbé Nitier, l'abbé Cane, l'abbé Vitré.

   Son Eminence Grise.

 Saint Thol, Saint Zano, Saint Cère, Saint Thèze.

  et par moi, évidemment (pas encore saint!)

 

Bienvenue chez moi !

Le blog d'un prêtre sérieux, qui ne se prend pas (trop) au sérieux, au moins sur Internet. Bienvenue, et n'hésitez pas à farfouiller un peu partout, il y a un peu de tout pour tout le monde : croyant ou non, jeunes ou vieux, pour rire ou réfléchir ! sur ces pages, sans doute peu de réponses mais beaucoup de questions : ce sont elles qui font avancer !
Xavier Cormary, prêtre

 

ICTHUS
Iessous - CHristos - THeou - Uios - Soter

 

Jésus Christ, Fils de Dieu Sauveur

Le poisson, (Icthus, en grec) était le signe de reconnaissance des chrétiens au temps des persécutions dans les premiers siècles de l'Eglise. Ceux qui se reconnaîtront dans ce poisson, mais aussi tous les autres qui sont intrigués par les chrétiens et qui voudraient savoir ce qui se cache derrière ce signe, pourront trouver sur ces pages des éléments pour avancer.

 

Pour la Rencontre

  • : Rencontre d'un prêtre sans porte à pousser ni sonnette à trouver
  • icthus
  • : Amour Monde religions Dieu bonheur Actualité
  • : Prêtre catholique engagé au cœur du monde... Voici mon presbytère virtuel, sans porte ni sonnette. Entrez, et venez voir ! Vous voulez voir à quoi ça ressemble un cyber curé ? Venez donc faire un tour chez moi ! La vie c'est trop important pour ne pas la réussir ! C'est aussi mon objectif ... Pas vous ?
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Exposés sur la foi

Une aspiration profonde habite le cœur de tout homme : que sa vie soit unifiée, réussie, rayonnante.

Croyant ou non, nous voulons tous que notre vie nous conduise à un épanouissement humain, social, physique et spirituel (ou psychologique).

Les croyants que nous sommes veulent chercher en Dieu la source de cette « communion ».

Unifier sa vie d’homme passe par Dieu puisque nous croyons en un Dieu dont la route croise celle des hommes.

Nous ne pouvons séparer notre bonheur de celui de nos frères, depuis que le Christ s’est fait solidaire de l’humanité tout entière.  Commençons par porter un regard sur l’Eglise afin de mieux comprendre que les appels que l’homme porte en lui se trouvent exprimés dans la vie de l’Eglise.

 

1 – L’unité de l’Eglise

 

         A - Puisée dans l’Eucharistie

 

Au cœur de l’Eglise il y a l’Eucharistie, « source et sommet de la vie chrétienne » (Concile Vatican II). L’Eucharistie, c’est le lieu de la rencontre où Dieu nous redit sa proximité et son salut en Jésus ressuscité.

  • PROXIMITE : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jn 3, 16) L’Incarnation qui nous parle de cette présence intime de Dieu dans la vie des hommes, comme pour dire que toute action, toute la vie a du prix aux yeux de Dieu : sens de l’offrande à la messe : le pain et le vin sont signes de notre travail, signes de toute la vie des hommes.
  • SALUT : Nous recevons de Dieu les biens terrestres. Nous les lui offrons, les lui présentons avec tout ce que nous transformons dans le monde. Il en fait le signe de sa Présence en mettant dans  ses offrandes toute la force et la grandeur de son Amour. Nous les recevons et les assimilons pour que nous devenions ce que nous recevons : le Corps du Christ.

Dieu devient plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes. L’unité s’accomplit dans ce mystérieux échange.

 

Un signe dans l’Eucharistie : l’eau mêlée au vin :

            « Quand le calice de l'eau se mêle au vin, c'est le peuple qui se mêle avec le Christ, et la foule des croyants qui se joint et s'unit à celui en qui elle croit. Ce mélange, cette union du vin et de l'eau dans le calice du Seigneur est indissoluble. (...) Mais quand on consacre le calice du Seigneur, on ne peut offrir l'eau seule, pas plus qu'on ne peut offrir le vin seul. Car si l'on offre le vin seul, le sang du Christ est présent sans nous ; si l'eau est seule, voilà le peuple sans le Christ. » (Correspondance de St Cyprien, Epist. 63, 13,1-4)

 

 

  

            B – Unité de l’Eglise

 

Jésus meurt pour réunir dans les enfants de Dieu dispersés (Jn 11, 52). Unir, ce n’est pas uniformiser. Ce n’est pas gommer les différences. Mais c’est permettre aux différences d’enrichir l’expression de la réalité qu’est l’Eglise. « S’accueillir différent pour s’aimer complémentaires »

Que chacun essaye de ressembler au Christ pour se trouver lui-même et ainsi rendre l’Eglise plus belle de sa particularité personnelle.

 

 

         C – Par l’Esprit Saint qui l’accomplit

Le nœud du problème, ou plutôt de la question, c’est que nous nous croyons capables de tout faire par nous-mêmes, alors que Jésus ne cesse de nous rappeler « Sans moi, vous ne pouvez rien faire »  et Jésus nous oriente aussi vers le Père «  Le Fils ne peut rien faire s’il ne le voit faire » (Jn 5, 19). St Thomas d’Aquin disait : « La concorde n’est par l’uniformité des opinions, mais l’accord des volontés… » Alors, « Père, que ta volonté soit faite » (Mt 26, 42).

L’Esprit révèle à notre esprit la volonté de Dieu. Compter sur Dieu, c’est faire confiance à celui qui sait mieux que nous ce dont nous avons besoin pour être heureux, unifié.

 

2 – L’unité de la vie du croyant

 

         A – Diversité des croyants

 

Georges ne ressemble pas à Bernard qui n’a aucun point commun évident avec Jérôme !

Nos vies, nos vies spirituelles, nos vies chrétiennes sont façonnées par notre histoire et notre personnalité.

Chacun doit donc trouver, grâce aux moyens de la foi, son chemin personnel pour unifier sa vie en Christ.

Pas de recettes mais des pistes :

- Lourdes responsabilités professionnelles ? Temps personnels de prière et d’abandon.

- Vie familiale agitée ? Accueillir l’Evangile comme Bonne Nouvelle aujourd’hui !

- Vie affective épanouie ? Action de grâce et louange ! l’Eucharistie !!!

- Incapacités et découragements ? La Miséricorde du Seigneur !

- Questions fondamentales ? Ne pas rester seul : un chrétien seul est un chrétien en danger !

-  Epreuves de santé ? Contemplation de l’oeuvre de Dieu auprès des petits et des pauvres.

- Soucis avec les enfants ? Echanger, parler, confier à Dieu, à d’autres parents, pour ne pas désespérer.

- Besoin de reconnaissance ? Se donner soi-même ; donner son temps : bénévolat…

-Vie sereine et pépère ? Un pèlerinage, une retraite spirituelle pou ne pas s’endormir…

 

         B – Une même vocation

 

N’allons pas chercher ailleurs le lieu et le lien de notre vie. Jésus est avec nous tous les jours. Nous sommes appelés à nous sanctifier dans la réalité de notre vie quotidienne. Une foi qui serait théorique, spirituelle, et sans influence sur nos actions, nos pensées, nos décisions professionnelles, familiales, ne serait nullement chrétienne.

 

« Là où sont vos frères, les hommes, là où sont vos aspirations, votre travail, vos amours, là se trouve le lieu de votre rencontre quotidienne avec le Christ. C'est au milieu des choses les plus matérielles de la terre que nous devons nous sanctifier, en servant Dieu et tous les hommes.

(…) Vous devez maintenant com­prendre - avec une clarté nouvelle - que Dieu vous appelle à le servir dans et à partir des tâches civiles, matérielles, séculières de la vie humaine : c'est dans un laboratoire, dans la salle d'opération d'un hôpital,  à la caserne, dans une chaire d'université, à l'usine, à l'atelier, aux champs, dans le foyer familial et au sein de l'immense panorama du travail, c'est là que Dieu nous attend chaque jour. Sachez-le bien : il y a quelque chose de saint, de divin, qui se cache dans les situations les plus ordinaires et c'est à chacun d'entre vous qu'il appartient de le découvrir. »

 

S. JOSÉ MARIA ESCRIVA DE BALAGUER

 

         C – Ut unum sint : qu’ils soient Un (Jn 17, 20)

 

Etre unis les uns aux autres, c’est ainsi que l’on comprend souvent cette invitation, cette prière de Jésus. Mais l’unité extérieure est aussi à construire d’abord intérieurement : Que tous, que chacun soit UN ! L’unité de notre vie, c’est aussi un objectif à notre foi ! Et un objectif qui a des conséquences et des résultats missionnaires « pour que le monde croie »

 

 

Le chemin de l’unité, c’est l’offrande et l’abandon : « S’abandonner sans jamais abandonner ! »

 

 

Unis dans la foi et la charité

O Dieu, Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, notre seul Sauveur, le Prince de la paix, donne-nous la grâce de prendre à coeur sérieusement les grands dangers que nous courons par nos malheureuses divisions. Enlève toute hostilité et préjugé, et tout ce qui pourrait nous éloigner de l'Union et de la Concorde en Toi.

 

De même qu'il n'y a qu'un seul Corps, un seul Esprit, une seule Espé­rance au terme de l'appel que nous avons reçu, un seul Seigneur, une seule Foi, un seul Baptême, un seul Dieu et Père de tous; de même, que nous soyons tous désormais un seul coeur et une seule âme, unis par le seul nœud saint de la Vérité et de la Paix, de la Foi et de la Charité; et que nous te glorifiions d'un seul esprit et d'une seule bouche, par Jésus-Christ Notre Seigneur.  Amen!

LITURGIE ANGLICANE

 

BIBLIOGRAPHIE :

 

-         les épîtres de Saint Paul

-         Textes de références du Concile Vatican II : Lumen Gentium

-         Ut unum sint   encyclique de Jean-Paul sur l’œcuménisme (1995)

-         Christifideles laïci (exhortation du synode romain de 1987)

-         La messe, tout simplement Robert Cabié (Editions ouvrières)

-         L’Eglise Mgr Robert Coffy (Desclée)

-         Miettes de la Parole Cardinal Martini (Editions St Augustin)

-         Les saints de l’an 2000, pourquoi les massacrer ?  Daniel Ange ( Editions St Paul)

-         Je vous appelle amis Timothy Radcliffe o.p. (Cerf)

-         Choisis la vie Yves Boulvin et Anne Villemin  (Editions Béatitudes)


Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Par Xavier Cormary

S’il s’agit par là d’exprimer une volonté de persévérer dans la prière - persévérance à laquelle Jésus nous invite (Lc 18,1-8) -, alors cette pratique peut avoir du sens.

 

Mais il faut rester vigilant à plusieurs choses :

 

Tout d’abord s’adresser à un saint pour lui demander, du haut du ciel, son soutien fraternel, c’est bien, mais à condition que cette dévotion ne s’arrête pas en cours de route et qu’elle nous amène bien au Christ. Comme le note le dicton populaire : "Il vaut mieux s’adresser au Bon Dieu qu’à ses saints !"

 

Ensuite, le risque est d’attribuer à une formule répétitive un exaucement automatique de la prière. Rien n’est plus anti-chrétien que ces formules de "chaînes de prière" (déposées parfois au fond des églises ou envoyées par courrier de manière courageusement anonyme !) qui garantiraient l’exaucement quasi-magique du seul fait d’avoir été répétées le nombre de fois et de la manière indiqués ! Il est vrai que, si nous faisons confiance à Dieu, nous sommes sûrs que notre prière sera exaucée. Mais c’est au sens où elle nous transformera et pas nécessairement au sens où Dieu nous accordera exactement ce que nous lui demandons et de la manière dont nous le lui demandons !

 

Quant à la tradition des neuf jours consécutifs, il faut se rappeler qu’autrefois les très grandes fêtes liturgiques duraient... huit jours. Avec la célébration de la veille (vigile), cela faisait neuf. D’où la tradition de neuvaine. Depuis Vatican II, seules les célébrations de Noël et de Pâques se poursuivent "pendant huit jours de suite".

 

Dans son désir légitime de persévérer dans la prière, chacun est donc amené à un petit discernement pour d’une part ne pas confondre ses dévotions privées avec les grands cycles liturgiques, d’autre part ne pas laisser troubler son dialogue personnel avec le Seigneur par des pratiques teintées de superstition.

 


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Par Xavier Cormary

En 1997, un film cinématographique a largement fait parler de lui : c'était une superproduction américaine ayant pour réalisateur un français, Luc Besson. Ce film intitulé Le Cinquième Elément proposait une histoire montrant le combat des forces du Bien (incarnées par le héros, Bruce Willis) luttant contre les forces des ténèbres qui veulent détruire le monde. L'enjeu de l'affrontement est un "cinquième élément" complémentaire des éléments cosmologiques : l'eau, la terre, l'air et le feu. Cet élément se révèle être une créature ayant apparence humaine qui symbolise l'Amour. Face à la perte évidente des repères symboliques chez  beaucoup de nos contemporains, il m'a paru intéressant, dans une perspective sacramentelle, d'essayer de cerner comment les éléments cosmologiques interviennent en sacramentaire afin de mieux pouvoir ultérieurement les mettre en valeur dans un ministère pastoral où, dans la liturgie, le symbolique rejoint le sacré et le sacré utilise le symbole pour introduire au mystère
.

 

 

1/ Approche sensible des sacrements

 

 

Par bien des aspects, mais sans doute tout particulièrement dans la célébration des sacrements, les chrétiens sont amenés à découvrir leur humanité appelée à la vie dans la grâce par des moyens aussi simples que ceux que Dieu propose à l'homme pour sa vie de créature terrestre. La foi chrétienne présente le Dieu de Jésus-Christ "qui a pris chair de la Vierge Marie et s'est fait homme" [1]. Dieu s'est fait proche, s'est rendu accessible à l'homme en prenant l'initiative de la Rencontre. Il a voulu partager la vie de ses créatures : c'est le mystère de l'Incarnation qui donne à la foi chrétienne une si grande spécificité face aux autres traditions religieuses.

 

Notre foi de chrétiens est incarnée dans un monde concret, dans des réalités humaines spécifiques parce que Dieu lui-même s'est incarné. Il ne s'agit donc pas de vivre le message évangélique en survolant le monde à basse ou à haute altitude mais de bien prendre la mesure de cette spécificité. Le monde matériel nous découvre la vie avec Dieu puisque Dieu lui-même a rejoint ce monde. Il est donc nécessaire de manifester dans une conception cosmologique originale la présence du Christ au monde car "le Fils de l'Homme est venu, il mange et il boit" [2]. C'est dans cette matérialité que le Messie est venu annoncer la Bonne Nouvelle et c'est dans celle-ci que devra donc se déployer la vie divine que le Christ  veut donner aux hommes.

 

 

Concrètement, il n'est pas étonnant de manifester les signes efficaces de l'action de Dieu dans le monde au travers des éléments qui nous ont donnés par la générosité de Dieu lui-même. "Ainsi, Dieu m'a-t-il donné une connaissance exacte du réel. Il m'a appris la structure de l'univers et l'activité des éléments" [3] Jésus-Christ lui-même n'a-t-il pas guéri un aveugle en faisant de la boue avec de la terre ? (Jn 9,1-7) N'a-t-il pas été baptisé dans le Jourdain ? (Mc 1,9-11) N'est-il pas Celui à qui les vents obéissent (Lc 8,22-25) et celui qui est venu apporter un feu  sur la terre ? (Lc 12,49)

 

Les sacrements de l'Eglise manifestent les signes du don de Dieu au moyen des éléments qui sont à sa disposition et qui reflètent bien plus qu'une simple matérialité mais disent déjà le nom de Dieu par leur signification plus profonde et plus intérieure. Au delà des simples réalités cosmologiques, il nous faut regarder le don de Dieu, ce don de Dieu qui atteint sa plénitude en Jésus-Christ.

 

 

2/ La terre :

 

 

La terre est un élément qui porte la vie des hommes, au propre comme au figuré puisque elle est la demeure provisoire de l'humanité et de sa richesse sont tirées les fruits d'abondance qui permettent à tous de subsister. Dans une perspective liturgique introduisant au mystère de Dieu, sa signification symbolique introduit toutefois largement une idée de finitude et de petitesse face à la grandeur de Dieu [4] : "tout ce qui sort de la terre retourne à la terre " (Si 40,11). Cette idée est largement reprise lors de célébrations pénitentielles (l'imposition des Cendres en est une manifestation éclatante). Mais la terre est aussi signe du don de Dieu dans la création, signe de bonheur (la Terre promise) et de promesse de récolte (Mt 13, 8s) qui ouvre un avenir de joie et annonce la générosité d'un Dieu qui se donne.

 

Si les rituels des sacrements ne font pas explicitement référence à l'élément "terre", il faut cependant se garder de conclure hâtivement à l'inopportunité de notre discours sur la terre car celle-ci est pourtant très présente dans les faits. Pour ne donner que quelques exemples, on notera que le baptême introduit le nouveau chrétien dans une communauté d'Eglise située en un lieu, sur une terre bien déterminée qui sera son lieu de croissance dans la foi et la vie ecclésiale. De la même manière, lorsque l'on administre le sacrement de l'ordre, le candidat, juste avant le geste sacramentel de l'imposition des mains et de la prière consécratoire se prosterne sur le sol, implorant les secours de l'Eglise du Ciel et manifestant son indignité devant le don que Dieu va lui faire. On pourrait évoquer le sacrement de l'Eucharistie et le symbolisme de l'autel, "la pierre  rejetée est devenue la pierre angulaire" (Ac 4,11), pierre que l'on vénère comme témoin du sacrifice du Christ et ouverture à l'espérance pascale du tombeau vide.

 

 

3/ L'eau :

 

 

Le symbolisme de l'eau est beaucoup plus évident même s'il demeure complexe. La réalité matérielle de l'eau est largement présente dans le quotidien de tout homme parce que c'est pour lui une nécessité vitale de boire. Combien de fois entend-on parler de l'eau chaque jour : eau potable ou polluée, pluies et précipitations, océans et rivières menacés, efforts d'économie d'eau, eau de baignade… On distingue bien aisément la dualité presque paradoxale que constitue la symbolique de cet élément : élément de vie indispensable à tout être vivant pour l'hydratation de ses cellules, mais également élément de mort pouvant causer noyades, hydrocutions ou intoxications. L'universalité du symbole "eau" demeure sans aucun doute positif parce que plus que nécessaire à la perpétuation de la  vie.

 

Dans un domaine liturgique élargi, la présence de l'eau est significative de ce rapport paradoxal. L'eau baptismale (qui a malheureusement été bien effacée dans la pratique occidentale du rite de l'ablution qui a remplacé l'immersion) nous introduit dans le sceau de l'Alliance dans le mystère pascal : l'eau accomplit ce qu'elle signifie : le rapport mort/vie est mis en lumière et le geste de l'immersion parachève la symbolique de l'élément : en plongeant le catéchumène dans l'eau, c'est la mort avec le Christ qui est manifestée, à cause de notre commune condition humaine, en retirant le nouveau baptisé de cette eau qui le conduisait à la mort, c'est la vie du Christ ressuscité qui est donnée, à cause de l'appel de Dieu à devenir ses fils adoptifs : "La création attend cette révélation des fils de Dieu" (Rm 8,19). C'est dans le baptême d'eau que se concrétise le don de l'Esprit de fils, parce que Dieu l'a ainsi accompli pour son Fils. "De notre corps, il a fait son manteau, de son Esprit, il fait notre robe de baptême." [5]

 

L'eau bénite qui sert à se signer, à en être aspergé, nous invite à nous souvenir du jour de notre baptême pour que notre démarche de foi s'enracine en lui et manifeste toujours un peu plus notre volonté d'entrer dans une dynamique d'Alliance où notre vie de Fils sera divinisée par le Seigneur qui appelle tout homme à Lui. Cela est également manifesté de façon très belle dans la liturgie eucharistique : "Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l'Alliance, puisions-nous être uni à la divinité de Celui qui a pris notre humanité." La goutte d'eau versé dans le vin appelé à devenir Sang du Christ montre le sens profond du sacrement de l'Eucharistie où l'on reçoit ce que l'on est, ce que l'on est appelé à être de façon plus parfaite à la parousie : le Corps du Christ : "Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu". [6]

 

 

4/ Le vent :

 

"Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va" (Jn 3,8) c'est une particularité de ce phénomène atmosphérique qui reste insaisissable malgré toute volonté souhaitant le maîtriser. Le vent peut avoir la teneur d'une brise légère, rafraîchissante et bienfaisante qui tend les voiles d'un bateau pour le faire avancer, fait tourner les hélices d'une éolienne pour produire de l'énergie ou envahit d'un courant d'air une atmosphère trop étouffante. C'est l'air qui porte la voix et transporte les odeurs et les parfums. Il est le comburant nécessaire pour allumer un feu. Ce sont les effets positifs. Le vent peut également avoir des effets dévastateurs et destructeurs : ce sont les tornades tropicales arrachant tout sur leur passage, les tempêtes en haute mer causant naufrages et chavirements. Il y a aussi le vent qui transporte impuretés et pollution, qui, associé au froid, est une cause de maladie, de gelures…

 

Notre propos veut rester dans une perspective chrétienne, aussi pour une dynamique sacramentelle, il est nécessaire de bien percevoir l'aspect essentiel, quoique très implicite, que joue un tel élément. Les Ecritures nous présentent l'Esprit de Dieu comme le souffle d'une brise légère [7]. C'est dans une pneumatologie équilibrée et efficace que l'on ne comprend réellement le sens des sacrements car, s'ils sont actes du Christ, ils se réalisent par le Paraclet qui gouverne la terre. Cela se vérifie liturgiquement dans la bénédiction des saintes huiles lors de la messe chrismale lorsque le rituel invite l'évêque a souffler sur les huiles pour leur communiquer la force de Dieu, pour manifester le souffle de Dieu qui plane sur les eaux. Dans l'ancien rituel du baptême, le prêtre était invité à souffler de l'air sur l'eau et sur l'enfant baptisé pour lui communiquer cette même force. Ainsi donc, l'onction de la confirmation est une onction d'huile parfumée : une huile qui pénètre et marque d'une trace indélébile le confirmé et un parfum qui invite à porter "la bonne odeur du Christ" à d'autres en témoignant de la Bonne Nouvelle: c'est le coup de vent de la Pentecôte (Ac 2,2).

 

5/ Le Feu :

 

 

Le feu et la lumière sont sans doute l'un des thèmes les plus récurrents dans les écrits bibliques :ils disent Dieu sans explicitement parler de Dieu. Elément de fascination facilement divinisé de par le caractère intouchable et immuable que peuvent constituer le soleil et les astres, cette pratique païenne, elle aussi, nous montre la perception humaine du Dieu transcendant et la Bible reprend largement la perception païenne pour parler de Dieu "La voix de Dieu parla du sein du feu" (Dt 4,12) mais aussi "la gloire de Dieu avait l'aspect d'un feu dévorant" (Ex 24,17). [8] Il faut noter comment une fois spiritualisé, ce thème du feu veut être une façon de parler de Dieu, de son amour et de la vie dévorant comme un feu qu'il veut donner aux hommes. Par contre, le feu concret et brûlant désigne tout au contraire la géhenne, le lieu de l'absence de Dieu [9]et de la perdition ; c'est un cataclysme qui s'abat, une punition inéluctable à cause de la volonté d'indépendance des hommes.

 

Le feu peut être une flamme qui brûle et qui consume intérieurement un être, une lumière divine qui n'attend pas l'âge des années mais qui est donné à tout homme dans "le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix (de Dieu) se fait entendre" [10]. On a coutume de représenter l'Esprit-Saint comme un feu à cause des représentations bibliques qui nous sont offertes qui vont en ce sens : "Les apôtres virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux. Alors ils furent tous remplis de l'Esprit-Saint." (Ac 2,3-4).

 

C'est ainsi que la symbolique du feu, plus largement de la lumière est largement présente dans la célébration des sacrements. Il serait sans doute fastidieux de développer l'ensemble des rites, mais quelques exemples situeront la question de façon très claire. Le cierge pascal, béni dans la nuit de Pâques, est utilisé pour chaque baptême (ainsi que pour les liturgies de funérailles) parce qu'il est le symbole du Christ ressuscité, lumière qui éclaire les nations et feu qui embrase le monde de son amour et de sa vie. La lumière remise aux parents, parrain et marraine lors de la célébration baptismale montre que la vie du Christ, la vie divine, a commencé à transfigurer l'enfant et que cette lumière est appelée à grandir par l'implication directe de Dieu par son Esprit et de la famille qui doit veiller à entretenir cette flamme dans le cœur de l'enfant.

 

Une pratique liturgique intéressante et significative propose l'utilisation de deux cierges apportés auprès de l'ambon lors de la proclamation de l'évangile dans les célébrations liturgiques. La Parole proclamée dans la communauté est le repère objectif pour celui qui veut suivre le Christ : elle est lumière pour la route. Pendant l'Eucharistie, cette Parole fait suite aux lectures choisies dans l'Ancien Testament et les épîtres. Les cierges apportées durant la lecture de l'Evangile veulent aussi rappeler que la Loi d'une part, et les Prophètes d'autre part, trouvent leur accomplissement parfait dans la Parole du Christ.

 

 

Ainsi, l'élément "feu", comme les trois autres éléments, peut faire comprendre simplement le mystère d'Alliance que Dieu établit avec son peuple. Dans le sacrement, c'est un peu de notre monde, de notre vie qui rejoint la grandeur de Dieu mais c'est aussi le mystère divin qui rejoint la matérialité. Dieu se rend accessible à travers les sens, la raison et les codes humains mais il les dépasse et les transcende…

 

 

6/ Pour conclure…

 

 

Il est difficile de pouvoir affirmer que Dieu se livre au travers des réalités qu'il a lui-même créées. Et pourtant, loin d'enfermer le mystère de Dieu dans une finitude close, l'utilisation des symboles permet bien au contraire une ouverture à un ailleurs insaisissable qui pourrait être comme la signature de Dieu dans la Création.

 

Pour illustrer cette conviction, un autre exemple cinématographique me vient à l'esprit : il s'agit de la dernière scène du film américain de James Cameron, Titanic, récemment paru sur les écrans français. L'héroïne âgée qui se retrouve en 1996 et qui a raconté son idylle à bord du Titanic avec un garçon durant la traversée et le naufrage où celui-ci a péri, s'endort dans la nuit : on voit toutes les photos de sa vie posées auprès d'elle. Elle se retrouve alors à bord du Titanic : elle entre dans le hall où toutes les victimes sont rassemblées et semblent l'attendre. En haut de l'escalier, elle retrouve celui qu'elle a connu pendant trois jours mais qu'elle a aimé toute sa vie. La dernière image nous découvre la verrière du plafond, éclatante de lumière.

 

Dans cette simple scène, il est facile de retrouver divers éléments symboliques. A partir d'eux, c'est tout un message que l'on peut trouver pour signifier, par exemple, la résurrection et le bonheur de la vie éternelle.

 

 

Les symboles sont donc nécessaires pour introduire le mystère. Il est indispensable de les mettre en valeur dans la liturgie afin que nos célébrations puissent dévoiler, dans un juste rapport au cosmos, l'action du Christ agissant par son Esprit dans la vie des hommes.

 



[1] Symbole de foi de Nicée-Constantinople.

[2] Lc 7,34.

[3] Sg 7,17.

[4] Cf. Gn 17,3 ; Si 50,19 ; Ez 43,3…

[5] Extrait d'une liturgie chaldéenne.

[6] Saint Irénée de Lyon.

[7] Voir en particulier Gn 1,2 ;  3,8 ; 1 Ro 19,12 ; 2 Sa 22,16 ;  Sa 5,21-23.

[8] Les références sont nombreuses : Is 66,15 ; Jr 5,14 ;  Lc 12,49 ;

[9] Voir Os 8,14 ; Jn 15,6 ; Mt 3,10 ; Heb 6,8 …

[10] Constitution dogmatique Gaudium et spes n° 16.


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Icône de l'année de l'appel réalisée spécialement par Michaël GRESCHNY, artiste tarnais

Dans notre diocèse d'Albi depuis le mois d'octobre 2005, une année de l'appel a été lancée par Mgr Carré, afin de renouveler une conscience baptismale dans les communautés chrétiennes et de susciter une plus grande attention à toute vocation pour la vie de l'Eglise. Comme membre de l'équipe diocésaine du Service des vocations, je participe d'une manière toute spéciale aux projets et aux propositions faites dans cette année : jetez un oeil sur les propositions concrètes dans le diocèse :   http://catholique-tarn.cef.fr

pour ce qui me concerne, et de manière personnelle, je porte un regard assez réaliste sur la situation de l'Eglise et l'avenir des vocations à court ou moyen terme. il est évident la situation de crise que nous traversons pour les vocations de prêtres ou de consacrés n'est pas, comme on l'entend trop souvent, une conséquence du célibat sacerdotal (Voir article sur le célibat : http://icthus.over-blog.com/article-1844021.html ) ou de l'engagement trop difficile que cela représenterait...  La crise est d'abord une crise de société, une crise de l'engagement c'est clair, mais aussi c'est surtout une crise de foi ! Dans nos communautés chrétiennes, rares sont les situations porteuses qui puissent donner envie à un jeune de donner toute sa vie à son service.  Rares sont les vocations parce que rares sont les communautés et les chrétiens qui veulent des prêtres et le manifestent dans leur vie ! Alors je ne pense pas que l'année de l'Appel puisse faire des miracles et donner envie à nombre de jeunes de s'engager dans l'Eglise, telle qu'elle se présente aujourd'hui. Par contre je crois que l'objectif premier de cette initiative, c'est de rappeler aux chrétiens que s'ils veulent de sprêtres, des religieuses, des consacrés, s'ils veulent aussi des familles chrétiennes, ils ont à les susciter, à les soutenir, à les accompagner ! On n'a jamais vu un prêtre naître dans un chou ou une religieuse dans une rose !


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« Vous êtes ressuscités avec le Christ. »

 

(Saint Paul Colossiens 3, 1-4)
 
 
La résurrection du Christ bouleverse-t-elle quelque chose dans notre vie comme elle a bouleversé celle des premiers témoins qui ont rencontré le Ressuscité ?
La résurrection de Jésus serait pour nous sans valeur si la lumière divine ne resplendissait pas en même temps parmi nous et au-dedans de nous. Nous ne pouvons dignement célébrer la résurrection du Christ que si, dans tout notre être, dans toute notre vie, la lumière apportée par le Sauveur a déjà vaincu les ténèbres du doute, du découragement, de la tristesse, du désespoir…
La résurrection du Christ n’est pas un événement du passé, un anniversaire lointain, une fête qui annonce le printemps. La résurrection du Christ est un fait d’actualité, à vivre ici et maintenant.
 
C’est aujourd’hui qu’il nous faut ressusciter, c’est aujourd’hui qu’il faut entrer dans ce mystère qui va transfigurer toute notre vie dès à présent Le mystère de Jésus, la résurrection de Jésus nous apparaît alors comme un moment essentiel de notre vie.
Il s’agit donc pour nous de prendre conscience que la vie ressuscitée nous concerne. La vie ressuscitée s’adresse à nous et nous révèle à nous-mêmes notre dignité. La vie ressuscitée nous invite à réaliser un chef-d’œuvre de lumière et d’amour dans toutes les dimensions de notre être. Il y a en chacun de nous une possibilité, une puissance créatrice dans la mesure où nous nous laissons pénétrer par la lumière divine, dans la mesure où nous respirons le Christ présent en nous, le Christ qui demeure en nous.
Vivre la Résurrection du Christ, c’est expérimenter que le Christ agit dans notre vie, c’est se laisser interpeller par sa Parole. A partir du moment où nous nous sentons dépositaires de la force de relèvement du Christ, nous entrons dans la vérité de ce mystère et nous y entraînons les autres en construisant une communauté qui rayonne de vie nouvelle. C’est quand on entre dans cette réalité qu’on commence à entrer dans la résurrection du Christ.
 
La résurrection est immédiate, elle se produit à chaque instant.
Notre vie est une suite, un apprentissage de morts et de résurrections. La vie à laquelle le Christ nous ressuscite, c’est la vie éternelle. Nous découvrons qu’il existe dès maintenant une vie qui pourrait durer toujours. Dès qu’on ressuscite, la vie à laquelle on s’éveille est une telle abondance de joie et d’amour qu’on pourrait en vivre sans fin. La vie dont le Christ nous parle, la vie que l’Evangile annonce est une vie si intense et si savoureuse que l’éternité ne l’épuisera pas. Je peux en vivre, mais j’ai la liberté aussi de la perdre, de l’étouffer. La vie à laquelle le Christ nous ressuscite, c’est une vie d’amour, c’est la sienne.
Avons-nous connu un lieu, une personne ou une communauté où l’on ressuscite tellement on est aimé ?
Avons-nous créé un tel milieu de résurrection, un lieu où chacun puisse vivre les valeurs évangéliques dans la joie et l’espérance?
La résurrection n’est pas seulement l’objet principal de notre foi ; elle en est la source.
Si nous voulons entrer dans l’esprit de la résurrection, si nous voulons devenir nous-mêmes un vivant cierge pascal, il faut que tous nos efforts tendent à quelque chose de lumineux, il faut que nous évitions les critiques, les médisances, les calomnies, que nous évitions d’abîmer la vie des autres ; c’est cela que nous voulons demander au Seigneur en acclamant sa résurrection dans la joie de l’Alléluia. Nous voulons lui demander d’être des artisans de vie, des créateurs de vie qui apportent dans tous les gestes du quotidien cette lumière, cette victoire de la vie sur la mort.
La résurrection du Christ nous provoque à un renouveau dans notre vie, un renouveau de la prière, une joie de découvrir et de vivre l’Evangile. C’est le bonheur de croire en Dieu qui nous aime. Tout cela passe par des décisions concrètes : sortir du « tombeau » de notre égoïsme pour vivre un amour vrai, rouler la pierre du découragement qui nous emprisonne, ne pas se laisser emporter par la rancune et la vengeance mais faire triompher le pardon et la bienveillance.
C’est par notre manière de vivre que nous pourrons montrer que le Christ est vivant et qu’il transfigure celles et ceux qui accueillent sa force de Vie.

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On nous méprise  et on nous diffame. On n’a qu’à fermer sa gueule de petit catho ! On nous considère comme des nuisibles depuis les croisades et les massacres de l’Inquisition et de la Réforme. On se raille de notre foi, des symboles religieux qui sont au cœur de nos convictions. On nous interdit la liberté de porter une croix à l’école. On parodie l’Evangile, caricature le ministère du pape ou sa personne. La morale chrétienne est dépassée, les valeurs chrétiennes sont périmées. Nous nous complaisons dans l’obscurantisme et dans le rejet des homosexuels, nous manipulons les consciences… Nous sommes décalés face au progrès immense qu’ont représenté la dépénalisation de l’avortement et la démocratisation de la pornographie, méthode éducative qui fait ses preuves après de la jeunesse. L’Eglise est d’ailleurs sûrement responsable de la pandémie du SIDA à cause de son opposition au préservatif puisqu’elle préfère la responsabilité et la fidélité à la débauche et aux comportements irresponsables. Les médias et les hommes publics sont souvent très objectifs et honnêtes quand il faut traiter objectivement un sujet ou un évènement religieux. Quand ils ne sont pas tout simplement censurés ! Certainement, la quasi-totalité des prêtres sont pédophiles puisque la télé fait sa une avec ces tristes histoires ! Quand donc pourra-t-on tordre le coup à ces affreux cathos rétros ? Et enfin libérer le monde du joug insoutenable de la religion ?
 
Mais voilà… On n’a jamais regardé de près l’apport immense des chrétiens au monde et à la société. Quoi a inventé les écoles et qui les a ouvertes aux petits et aux pauvres ? Qui a fondé les dispensaires et les hôpitaux ? Qui a œuvré à la reconnaissance des minorités ? Qui défend les pauvres contre les puissants ? Qui accompagne et soulage les malades du SIDA en Afrique ? Qui œuvre dans l’ombre pour la paix et la justice dans tant de pays ? Quels sont les saints qui n’ont pas œuvré à la dignité humaine avant de faire reconnaître la grandeur de Dieu ? Regardons-y de près… A mieux examiner, nous verrons la réalité lumineuse de l’Evangile qui anime les cœurs chrétiens. Et si ces chrétiens ne sont pas à la hauteur de leurs idéaux, à défaut de la miséricorde des hommes, ils savent pouvoir compter sur celle de Dieu !

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Le 28 juillet 2005 : en s’adressant aux prêtres d’un diocèse d’Italie, sur les catholiques divorcés et remariés, le pape Benoît XVI a dit que leur "situation est particulièrement douloureuse pour l’Eglise. Parfois ces personnes se sont mariées par tradition sans être de véritables croyants puis, après un second mariage invalide, découvrent la Foi et se sentent donc exclus de l’Eucharistie".
 
J’ose ici quelques lignes sur ce sujet si sensible de la place des divorcés remariés dans l’Eglise. Tout d’abord, il s’agit de prendre conscience que beaucoup de croyants choisissent la rupture à contre cœur, en ayant bien conscience de rompre un lien sacramentel indissoluble. C’est déjà une réalité qui est source d’une grande souffrance : leur désir de fidélité au Christ et à la Parole donnée devant Dieu est ébréché, abîmé et le regard culpabilisant qui les entoure souvent ajoute à leur propre souffrance. Ensuite, devant l’impossibilité concrète de vivre le célibat, et étant profondément faits pour vivre en couple, ils établissent des liens avec une autre personne. Leur amour ne serait-il pas sincère ? Leur démarche serait-elle seulement humaine ? Dans la foi, les croyants espèrent que dans cette relation d’amour nouvelle, ils vont trouver le bonheur qu’ils cherchent et qui a été si profondément blessé par l’échec de leur mariage. Et que Dieu n’est pas étranger à leur soif de bonheur. Beaucoup de divorcés qui se remarient sont conscients de leur situation « anormale ». Ils la vivent d’ailleurs souvent difficilement, parce qu’ils se sentent jugés et en marge de l’Eglise où chacun est appelé à la sainteté : comme si leur situation irréversible les empêchait de continuer de marcher sur ce chemin difficile ! Par ailleurs et c’est vrai, l’Eglise demande aux personnes divorcées remariées de s’abstenir de communier au Corps du Christ. Cette exigence, souvent incomprise et remise en cause, qui accentue le sentiment d’exclusion, doit être accueillie et comprise dans la foi profonde en l’Eucharistie et dans son lien avec l’Eglise. Tant de chrétiens communient avec désinvolture ! Communier, c’est désirer le Christ. Communier, c’est vouloir que Jésus vienne remplir notre cœur de son amour. Communier, c’est s’engager sur le chemin de la fidélité à l’Evangile. Communier c’est vivre en Eglise pour devenir ce que nous avons reçu par notre témoignage. Quand nous recevons le Corps du Christ, nous disons notre désir que notre vie soit de plus en plus conforme à l’Evangile. La personne divorcée remariée vit alors une contradiction insurmontable. L’abstinence de communion eucharistique est donc demandée afin de ne pas être en contradiction avec le signe qui est donné dans le Pain rompu. Est-ce pour autant que la personne est « excommuniée » ? Elle est exclue du signe eucharistique, c’est clair ! Mais toute communion ne peut pas et ne doit pas se limiter à un geste extérieur ; communier au Christ peut et doit se vivre de diverses manières. Dans l’assemblée dominicale, les petits enfants qui n’ont pas encore communié et qui s’avancent les bras en croix nous disent un désir profond de recevoir Jésus. Leur démarche n’aurait-elle aucune valeur ? Parfois des adultes, tels ces jeunes enfants, s’avancent aussi bras en croix : certains peut-être divorcés remariés, d’autres mal préparés à communier, d’autres catéchumènes, en marche vers la foi. Les personnes divorcées remariées ont une mission d’une importance inouïe dans la communauté chrétienne : par leur abstinence et leur fidélité douloureuse à ce que l’Eglise propose, ils sont appelés à montrer à tous les baptisés la grandeur et l’importance de l’Eucharistie afin que chacun redonne à ce geste si grand et si beau toute sa valeur et sa solennité pour que le geste extérieur puisse manifester en vérité une communion profonde au Christ à l’intérieur !
 
                                                                                   Xavier Cormary, prêtre
 
 

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